|
Au cours de la campagne
2000, l'évaluation du site archéologique agrandi
de nouveaux secteurs s'est poursuivie. La plupart des secteurs
ont livré du matériel préhistorique intéressant,
quelques uns sont demeurés stériles tandis que
d'autres, "chaotiques", ont rendu la tache des archéologues
plus compliquée.
La grotte du Noyer,
qui est la cavité juste voisine de la Bouffia
Bonneval, a été explorée. Une coupe réalisée
à l'entrée de celle-ci a présenté
une abscence de stratification. On y a retrouvé des
esquilles osseuses et de nombreux petits éclats de
quartz et silex mêlé à des tessons de
céramique. Plus à l'intérieur les chercheurs
aidés de Philippe Fosse (CNRS) ont remarqué
des traces d'investigations antérieures : une pièce
de monnaie et un morceau de grillage retrouvés vers
le fond de la cavité. Les sondages ont cependant livré
un matériel osseux permettant de distinguer quatre
phases d'occupation distinctes. Une tanière à
ours, une tanière d'hyène, une occupation protohistorique
et la fréquentation d'animaux fouisseurs comme le blaireau
et le renard.
La zone K118 a été
mise de côté pendant l'année 2000, mais
l'installation d'un abri sur plot en béton à
cet endroit a permi de dégager du matériel archéologique
intéressant laissant penser que cette zone a beaucoup
à nous apprendre. Cette zone sera privilégiée
au cours de la campagne 2001.
Au cours de la campagne 99, deux
incisives de bouquetin perforées étudiées
par C Fritz (CNRS) avaient été découvertes
en surface à proximité du secteur 109 probablement
déplacés par des fouisseurs en raison de la
position d'enfouissement de ces objets de parure. En 2000,
deux nouvelles dents semblables, découvertes à
l'intérieur d'une cavité située plus
à l'ouest (bouffia 137), indiquent que le secteur
a connu des perturbations importantes : à la base de
celle-ci, des tessons de céramique médiévale,
un clou et des ossements d'animaux fouisseurs (blaireau et
renard).
Deux nouvelles pointes dos ont été
retrouvées dans la bouffia 140 venant s'ajouter
à celle retrouvée en surface l'année
précedente. Cet outillage confirme la présence
de châtelperronien sur le site de la Chapelle aux Saints
et vient étendre l'occupation du site à des
époques du paléolithique moyen et supérieur.
Cette deuxième campagne de
fouilles sur le site de la bouffia Bonneval a donc été
révélatrice puisqu'elle permet de sortir du
contexte exclusivement moustérien et d'interpréter
le site sur une période plus longue, grâce à
l'outillage chatelperronien et aux éléments
de parure qu'il nous a livré. Il reste à espérer
une certaine cohérence des autres secteurs.
|